Autodestruction

Je suis épuisé. Tout ce que je désire n’est que la solitude.
Vous serait-ce trop demander à me laisser tranquille ?
….Je suis las de vous supporter.

Arrêtez de prétendre être.
À mes yeux, vous n’êtes qu’insectes.
Telle la mouche qui tourne autour de mes oreilles,
m’empêchant de trouver sommeil.

Laisse moi! Oh société!
Toi qui t’acharnes à imposer
Une hypocrisie comme moyen de survie.
Tu n’as plus rien à m’apprendre.
Depuis l’enfance tu m’afflige
Y a-t-il pire parent que toi?!
Salope dégénérée,
Ta bêtise m’ennuie,
Tes enfants m’étouffent.
Seul le Moi compte,
paroxysme de l’égoïsme.

La seule personne que je sois obligé de supporter, c’est moi-même, et c’est déjà excessif.
Moi moi moi, j’en ai marre de ce moi qui me colle à la peau,
sans pouvoir m’en débarrasser.
Marre de l’entendre pleurnicher sur son sort, alors qu’il n’a pas d’autre choix.
Marre de ce corps pénible que je dois entretenir.
De ses demandes incessantes.
Que mon esprit quitte ce corps.
Qu’il aille en quête de lui-même ou de son Dieu.
Cet esprit lourd à porter,
Bien trop pour ce corps si frêle.
Qu’il cesse enfin ses jérémiades.
Que cette enveloppe se dissous, sous la torture de l’esprit.

Mon seul problème est le temps, disait le corps.
Mon seul problème reste la vie, disait l’esprit.
Je ne peux influer sur lui, disait le corps.
Je ne peux y mettre fin disait l’esprit.
J’ai essayé de lui donner sens, disait le corps.
J’ai essayé de lui donner vie, disait l’esprit.
Et voilà que nous sommes obligés de porter ce poids,
jusqu’à ce que le temps décide de nous libérer.

Nous sommes enchaînés, mais nous pouvons nous ignorer, proposa le corps.
Comment veux-tu accomplir un tel prodige? lui demanda l’esprit.
Il faut que l’un de nous se sacrifie, répondit le corps.
Volontiers, disait l’esprit.
voilà que le temps suit son cours,
pendant que l’esprit s’autodétruit.

Que ma jeunesse s’en aille
Pour ne devenir qu’un souvenir qui braille
Que le monde s’évanouisse
Dans la mémoire du temps
Et que le temps s’arrête
Pour ôter tout sens à la création
Que la mort s’éveille
Du tréfonds de mes entrailles
Car elle est la seule à qui j’accorde des moments de vie.
Déchaîne-toi
O homme sans fond
Ressens la fin qui t’accompagne
Dans un chaos salvateur
Oublie l’anarchie des sens
Sois aussi vide qu’un univers
Dépourvu de tout spectacle lunaire
Libère-toi du poids de l’énigme
Sois Aussi calme que la mer
Et apaise-toi par des prières.

Laubodile

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