La fin du sens

Nous sommes le 21 juillet 2014, et le monde n’a toujours pas changé, l’homme demeure le même que celui d’il y a mille ans. Seule à évoluer la technologie, le confort, le déni. Entre un monde imaginaire et un autre, nous trouverons toujours un endroit ou nous cacher, pour ne pas affronter la réalité. Rien n’est bon, rien n’est mauvais. Ce ne sont que des mots, surgis de nos peurs pour masquer des vérités. Je n’ai pas eu tort de croire, d’aimer la vie, d’avoir la foi en Dieu, car cela a fait naître des vérités en moi. La douleur de la désillusion ne peut être que bénéfique. Avant, j’avais espéré, j’avais cru, j’avais la foi. Je pensais que la vie valait la peine d’être vécue, que le bien peut combattre le mal. Je pensais que tout cela était un équilibre, et notre destin était de pencher la balance selon nos choix. Mais le bien n’est que le mal déguiser, tout est mal. Car tout finit mal. Tel est l’essence humaine, nous sommes mauvais. Mais nous essayons de nous faire croire le contraire. Le pire que j’aie commis est de faire souffrir mes proches, car eux aussi ont cru en moi. Maintenant, je porte le poids de la souffrance que j’ai engendrer. Aimer est mal, car on finit par croire en l’amour, et la désillusion n’en sera que plus cruelle. Manipuler par la beauté éphémère du monde, j’ai marché en rêvant. La pire de mes erreurs était mes rêves, mais qui a réussi à me faire me croire que les rêves peuvent être réalisés? Que le bonheur est dans la réalisation de ses fantasmes.
La réalité est tout autre, elle est monstrueuse et rien de bon ne peut émaner d’elle. La souffrance est éternelle, nous sommes déjà en enfer. Le paradis ? Encore une cause de nos souffrances, de nos peurs. Je vis, car mon corps le veut bien, mais je suis mort, il y a des lustres. Le paradis est pour moi la mort, la fin de la vie. Rêver, croire, avoir la foi, que ce soit en l’humanité, en Dieu ou juste en nous même ne sera plus que le cauchemar d’une vie passé. C’est la fin, le bien n’a jamais existé, nous sommes voués à une souffrance éternelle et aucune parole, rêve ou action ne peut changer le cours de l’univers. Nous sommes faits ainsi, et y aller a contresens ne fait qu’accroître notre mal. Nous portons tous une douleur en nous, et une illusion pour l’atténuer. Rien n’est bien, car tout ce que nous appelons «bien» peut engendrer sa nature profonde, le mal. Je suis aujourd’hui lassé de ce monde que j’ai appris à connaître.
Je suis fatigué des hommes, car leurs croyances ne font que me rappeler les miennes, jadis perdu. Je veux aller là où personne ne me voit, ou je ne peux voir personne. Seule la nature franche et sincère peut m’accompagner. Nous naissons puis nous mourrons, entre-temps nous souffrons. Quand on se fait du mal, ou quand nous croyons voir le bien, le bonheur, l’amour, l’amitié. Reviens à la même chose, nous ne faisons que retarder l’échéance. Tout a une fin, sauf la souffrance. Elle demeure en nous, se nourrissant de nos espoirs, de nos rêves les plus sincères, jusqu’à ce qu’il en reste plus une miette. Alors, surgis le désespoir, et la compréhension de l’humanité. Être humain, c’est ne pas être humain. C’est de s’ôter toute cette soit disante bonté humaine, que nous avons inventée pour contrer le mal en nous. Car trop lâche pour affronter notre véritable nature, nous sommes des êtres faibles, dans un monde où le faible n’a pas de place. Alors, l’imagination vint nous secourir, nous a rendu fort. Assez fort pour nous faire croire que nous étions une race supériorité à d’autres, plus intelligente, plus compétente. Mais le déni n’a pas de limites, au jour où je vous écris, l’être humain se croit supérieur à d’autres humains, le comble. Il utilise la religion, pour s’imaginer élu dans un monde qu’il s’est lui-même créé. Nous avons appris à bâtir, et nous admirons ce que nous faisons pour nous retrouver entrain de fantasmer sur nous même. Qu’est-ce que cela, si ce n’est pas les rêves des faibles? La violence que nous engendrons de nous même, pour la rejeter sur nous-mêmes est le véritable visage de l’homme. La paix n’est qu’une utopie, un fantasme enfantin qui a permis à beaucoup de fuir le monstre qui est ce monde.
Les symboles que nous imaginons sont la preuve de notre déni, d’une aliénation sans précédent. L’homme est l’animal qui fait semblent d’être autre chose. Rien de plus comique et de plus pathétique que l’espèce humaine. nous ne sommes rien. Alors, arrêtons, dès aujourd’hui de croire que le monde a un potentiel bénéfique pour nous. Prenons ce que nous voulons, comme nous l’avons toujours fait, et mourrons avec cette souffrance qui nous aime tant.

Laubodile.

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