Le souvenir d’une douleur

Les suggestions de Facebook peuvent faire du mal.
Alors que je errais dans l’oubli, menant une vie de questionnement, de recherche de soi. Je combattais le vide avec acharnement, essayant de lui donner sens, de lui donner vie, mais c’était perdu d’avance. Donner un sens à une chose qui en a déjà un est tout bonnement impossible. Chacune de mes douleurs porte le nom d’une femme. Les femmes ont toujours été l’origine de mes souffrances, de mes éveilles.
C’est bien grâce aux femmes que je vis littéralement, mais aussi philosophiquement. Ces souffrances ne sont pas celles que les gens du commun partages, des déceptions acquises à cause des illusions fabriquées à partir de leurs attentes. Non, mes souffrances ont comme origine «l’origine». Le sens de tout, de rien. Durant l’adolescence, je sais maintenant que j’étais plus lucide que mes chères camarades, car j’avais conscience de moi-même. Non pas le moi intérieur, mais extérieur. Je savais qui j’étais et comment j’étais vus.

Au collège une fille me plaisait beaucoup, mais j’avais conscience de son inaccessibilité. Je ne douté en aucun cas de mes capacités à séduire, mais je connaissais leurs limites. Alors j’ai décidé de ne rien faire pour la séduire, car je savais tout simplement que tout nous séparait. Il me suffisait de la côtoyait, ni de trop près ni de trop loin, il ne fallait pas faire peur à la beauté, car elle pouvait disparaître aussi vite qu’elle apparaîssait. J’ai passé mon année scolaire à observer, admirer, puis à me bercer d’illusions qui me permettaient d’apaiser mon cœur meurtrit. Car, on a beau avoir conscience de l’impossible, mon cœur se tordait de douleur à chacune de ces apparitions. Ce qui me plaisait en elle était bien évidemment sa beauté. Une beauté tout à fait commune, certains trouveraient à en redire, mais la beauté n’est qu’une question de simplicité. Elle réside dans le commun, dans la nature. J’admirais ces rires comme on admire le ciel étoilé d’une nuit d’été. Je riais avec elle sans qu’elle le sache. Je m’inquiéter de son absence tout en étant conscient de son ignorance. Je savais que ce n’était pas de l’amour, mais ces émotions ne pouvaient être sans elle. Seule sa présence avait le pouvoir de déclencher en moi cette douleur. Le jour où nos chemins se séparèrent est survenu plus vite que je n’oser y penser. Je lui fis mes adieux, elle ne m’entendit pas, elle n’était pas sensée le faire. Ils étaient plus pour moi que pour elle.

« Je me souviens que ça faisait mal, la regardé me faisait mal. »

Les années s’écoulèrent aussi vite qu’une poudrière, mes conquêtes se succédèrent, mais la solitude demeura ma seule compère. Elle était et elle est toujours la seule chose qui m’est restée fidèle. Dans ce putain de réseau social qui est Facebook, je peux dire que j’ai fait de belles rencontres. Même s’il n’est pas fait pour cela. Mais attendez, je ne parle pas de rencontre amoureuse, que Meetic aille se faire voir. Non, je parle de rencontre amicales, fraternels et même familiale. Mais voilà, il est prodigieux de voir que facebook a le pouvoir de nous suggérer des personnes que nous avons réellement connu. J’imagine que vous avez compris?
La douleur est survenu sans prévenir, sa photo était là, sous mes yeux, son nom écrit noir sur blanc, aussi virtuelle que réelle. Des émotions passées jaillir en moi. Moi qui pensais que le temps effaçait les douleurs, mais il ne fait que les ensevelir sous d’autres sentiments, plus récents. J’ai vus ma vie défiler devant moi, depuis mes jours heureux au collège, jusqu’à Oran, cette ville qui a connu un Ali lassé du monde. Il n’y a pas de suite, je n’irais pas discuter avec elle de mes sentiments infantiles. Je continuerais à observer, admirer. Je ne cherche pas à changer le monde, juste à le comprendre. Il n’y a pas de conclusion, Ma vie n’est pas une histoire écrite par l’homme, la logique humaine y est absente. Ce n’est qu’un texte fait d’émotions, l’incompréhension que j’ai devant la beauté reste un mystère.
Je n’ai compris qu’une chose, mon combat contre ce vide qui s’acharne à creuser un faussé entre la société et moi est un combat perdu d’avance. Ces souvenirs, ses sentiments que j’ai retrouvaient m’ont fait comprendre l’évidence, je suis comme cela et je ne peux rien y faire.

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