Page blanche

J’ai voulu écrire, mais vouloir ne suffit pas.
Alors j’ai décidé d’apprendre, mais connaître n’est que souffrance.
Le monde m’avait rejeté, mais maintenant, je regrette d’avoir douté.
Tout sens a disparu, Dieu à tout emporter.
J’ai voulu aimer, mais personne n’était là. Alors j’ai inventé.
J’ai voulu fuir réalité, mais elle fait partie de moi.
J’ai cherché ma dignité, mais je ne l’ai jamais acquise.
Valeur sans fond, valeur vide de sens. Ont-ils déjà existé?
Ou serai-ce que mon imagination qui donne place à illusion?

Une page blanche décrit très bien ma vie.
Je marche, mais je ne sais ou je vais.
Je cherche simplement la vie.
Je ne l’ai trouvé que dans la mort.
Le seul et unique moment où je vis.
Même la mort n’a plus de sens, mais au moins, elle est vraie.
Je ne sais ce qui m’attend, je n’espère plus.
Mon seul désir est de quitter ce monde.
La souffrance du vide m’accompagne sur un chemin fait d’un pâle goudron.
La blancheur de cette page signifie la pureté, j’ai peur de souiller ce que tant d’autres ont protégé.
Je croisé du monde, des soi-disant humains, mais sans aucun pouvoir.
Ils sont creux, leurs visages sont mornes. Parlent beaucoup mais ne disent pas grand-chose. Leurs voix sont lointaines, et pourtant ils sont tout près de moi. Ils me collent sans cesse. Les regards vides, et des sourires affreux. Je sais que près d’eux n’est pas ma place. Mais j’ai oublié où était cette dernière. Je commence à chercher, je ne trouve qu’eux, ils sont partout. Ils font pitié, eux qui auraient pu devenir ce qu’ils voulaient. Ils ont préféré s’arrêter car trop paralyser par conscience. Je continue à errer. Je tourne, je cours, mais rien n’a faire, ils ne me quittent pas. ils me fixent tous, sans rien attendre de moi. Alors je décide de leur parler, mais ils n’écoutent pas. Je cherche à comprendre pourquoi, je fais un pas vers ses zombies sans foi ni loi. Je me heurte à un miroir, et je comprends enfin, qu’ils ne sont que le reflet de moi. Toutes ses personnalités que j’ai façonnées pour un temps. Qu’ensuite j’ai abandonné.

Cette page blanche qui est ma vie.

Cette page blanche pleine de sens.

Je la regarde pour éliminer toute
croyance.

Cette futilité réconforte ma perdition.

Cette mort que je cherche tant,
dans la blancheur de cette page.

Cette pureté qui m’aide à m’échapper,
Qui me rend ma dignité.

J’aime être confronté à cette sincérité.

Chaque voyage me permet de
retrouver des minis bout de moi,
Éparpiller dans le vide de la feuille.

«Je ne suis pas qu’un» me dit elle.

«Je ne suis pas tout, mais je peux t’aider» me répète elle.

Désert blanc, don je suis roi et elle reine.

Mort après mort, elle me façonne.

Elle est ma mère, et je suis le digne fils qui reçoit son amour authentique.

Laubodile.

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